Nous étions tous ensevelis
certains jusqu'au cou
d'autres jusqu'aux narines
suffoquant au coeur des sables mouvants.
Pour lui: ses os qui éclateraient un à un...
Nous promenions des yeux atterrés
(tout ce qu'il nous restait de mobile après le choc)
sur un horizon noir et poisseux.
Comme nous
il s'agrippait au sable
et lorsque celui-ci lâchait sous un vent opaque
il espérait
l'arrêt du temps le retour au passé
le miracle.
Puis un vent noir
lui crachait de nouveau au visage
collant derechef ses épaules à sa perte.
C'est alors que, sans bruit,
quelqu'un
détacha sa paupière de cet horizon pourri.
Il prit sa main
et la posa sur son coeur
il prit l'autre
et lui fit l'ouvrir sur sa vie
Maintenant, parfois, sous ses foulées allégées
les sables raidissent
et d'un coup de rein il remonte de cent centimètres
Lorsqu'un vent noir
frappe à nouveau
à lui craquer les os
Les sables alors durcissent
et d'un coup de rein...